define('WP_CRON_LOCK_TIMEOUT', 300); Le blog de Myriam Heilbronn

Un maître de conférence d’Avignon poursuivi après avoir ironisé sur les “blancos” de Manuel Valls

6 janvier 2016

| MAJ :

Un maître de conférences de l’université d’Avignon (UAPV) est convoqué devant le tribunal correctionnel le 27 janvier pour avoir, dans des mails internes à son établissement, ironisé et repris des déclarations de Manuel Valls sur les “blancos”, a-t-on appris de sources concordantes mardi.
Bernard Mezzadri, 55 ans, comparaîtra pour provocation à la haine ou à la violence à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance à une ethnie, une nation, une race, selon la citation à comparaître consultée par l’AFP.
Il lui est reproché, dans un échange de messages, d’avoir notamment déclaré, évoquant une rencontre à venir entre la direction de son établissement et le Premier ministre Manuel Valls: “J’espère qu’en cette grande occasion la délégation de l’UAPV comptera suffisamment de +blancos+ (et pas trop de basanés)”. Il qualifiait également dans son message Manuel Valls de “chasseur de Roms”.
Ces propos faisaient notamment écho à des images de Manuel Valls datant de 2009, dans lesquelles celui qui était alors député-maire d’Evry (Essonne) demandait à ses équipes de rajouter des “whites” et des “blancos” dans le décor.
Ce “message ironique” avait été signalé par l’ancienne équipe de direction de l’université d’Avignon et des Pays de Vaucluse au recteur et au procureur, qui avait décidé de poursuivre M. Mezzadri, rappelle le Snesup-FSU de l’établissement dans un communiqué. “Il est manifeste que notre collègue entendait dénoncer des propos et une politique qu’il estimait xénophobes et que, par conséquent, il ne saurait être lui-même suspecté de xénophobie”, poursuit le syndicat.
Une pétition de soutien à l’enseignant-chercheur avait recueilli mardi en fin de journée plus de 3.300 signatures, dont celles du philosophe Etienne Balibar, de l’essayiste Susan George, de la comédienne Marianne Dénicourt et de nombreux professeurs d’université.
Tous demandent la relaxe de M. Mezzadri et “condamnent les propos de M. Valls auxquels Bernard Mezzadri faisait ironiquement référence”.
Contactée par l’AFP, l’université n’avait pas réagi mardi en fin d’après-midi.

Avec Thomas Thevenoud ça suffit. qui, pour beaucoup d’élus prépare les feuilles de frais, s’occupe de payer les loyers, prend les rendez vous chez le coiffeur ou pour la nounou des enfants … ??? Où sont les condamnations pénales ??? alors ça suffit, foutez lui la paix

10 septembre 2014

“Affaire Thomas Thévenoud” : D’abord une précision, je ne le connais pas …S’est il enrichi ? A t il été condamné pénalement ??? A t il demandé une remise gracieuse pour ses pénalités de retard ?Non, non et non.

A t il refusé de payer? Non

A t il fait jouer ses relations ? Non

A t il dit qu’il avait raison d’avoir été négligent ? Non.

Certes il n’est pas inculte ou illettré, mais après ???  Il aurait pu et même il aurait du … et alors ? Qu’est ce que ça change ? Pour lui ça lui aurait coûté moins cher !

Bien des situations peuvent conduire à ce genre de négligences … Trop plein de travail, déménagement”s”, changements dans la situation familiale, tensions professionnelles, rivalités et jalousies d’amis, soucis avec les enfants, … et ces situations coûtent cher à celui qui  commet ce genre d’”oublis”… .

Mais après ? Combien sommes nous à ne jamais avoir eu des périodes dans notre vie où nous n’avons pas respecté les délais, payant des majorations, sans rechigner au gré de déménagements avec un suivi de la poste qui ne se fait plus au delà d’un certain temps et des nouveaux occupants qui mettent vos courriers à la poubelle alors qu’ils vous connaissent…

Combien sommes nous à avoir été un jour débordés par les engagements que nous avons pris au détriment  de notre vie familiale, en payant des billets de train à des taux doublés faute d’avoir renouvelé une carte de réduction à temps ou prenant un train en marche sans billet, situation régularisée au prix fort en cours de route ?.

Combien de citoyens élus se sont un jour trouvés en saisie arrêt sur salaire ???

Et à l’inverse, combien, débordés ou par pudeur, n’ont pas osé demandé des avantages auxquels ils avaient droit ?

Combien ont été surtaxés dans le cadre d’une imposition ou un peu “matraqués” compte tenu de leur position exposée d’élu de la république sans oser faire un recours ?

Alors, arrêtez de vous repaître vous les médias, les grands et petits élus et gens de bonne volonté et méfiez vous car dans les cabinets ministériels … d’autres inventaires à la Prévert pourraient être gratinés à faire et à exposer en pâture à la presse …

Petite suggestion :

On pourrait demander à l’IGAS d’enquêter sur le nombre d’heures salariées utilisées par les députés et autres hauts fonctionnaires pour régler des situations personnelles et s’acquitter de leurs devoirs envers le fisc… et prendre ensuite des sanctions, demander des remboursements …pour les heures détournées au bénéfice d’intérêts personnels ou non respect de la citoyenneté élémentaire …

C’est vrai qu’il est peut être un peu “saturé” ce monsieur, Thomas Thévenoud. Je pense que l’ascenseur de gloire a été un peu rapide pour lui ? … Mais qui paye ses dettes s’enrichit ???

C’est peut être trop “peuple” pour certains lecteurs.

Il y a des choses bien plus sérieuses à traiter au niveau de l’actualité plutôt que de pousser à la déprime un concitoyen négligent en le traitant comme un “repris de justice et lui faire faire la une de l’actualité. Dans quel monde vit on ?

Et vous mes amis de la vraie gauche (si ce mot a encore un sens) ne tombez pas dans ce panneau “des tous pourris” car un jour on trouvera bien quelque chose à votre sujet …

Et puis autre chose pour les jeunes pousses Thevenoud en cours d’énarquisation” :à l’école de la vie, dans le monde militant associatif et syndical, plus que peut être dans les grandes écoles on apprend à se faire un agenda pour régler ses impôts , quitte à faire des enveloppes … réelles ou immatérielles, pour nous permettre de ne rien oublier et  aller à la fin du mois sans dettes… Alors c’est peut être des cours de méthodologie et d’organisation dont nos chers énarques ont besoin … une sorte d’OST de la gestion financière familiale … Vous pouvez m’appeler, en bonne élue locale j’ai suggéré et testé des méthodes pour lutter contre l’oubli !!! imparables.

Je vous souhaite une bonne fin de journée.

Gaza, aujourd’hui 14 juillet 2014 Lettre à Monsieur le Président,

14 juillet 2014

OUI je vous écris à vous les plus hautes personnalités de l’état, François Hollande, Manuel Valls et Laurent Fabius pendant que vous défilez sur les Champs Élysées et vous penchez sur la Tombe du soldat inconnu alors que tant de visages aimés de certains tombent à Gaza victimes innocentes des bombardements israéliens.

Le bilan des attaques israéliennes contre Gaza à 0H25 heure française:

2150 bombardements

174 morts.

1146 blessés

374 maisons détruites

 Vous avez bien suivi les dépêches ?

Et vous, mes simples concitoyens ? Arrêtez de vous pincer le nez  ou de jouer les Ponce Pilate, feignant d’ignorer qui est encerclé depuis des années quand vous parlez de Gaza, la plupart sans y avoir jamais mis les pieds… ou une seule fois en des temps plus calmes sans mur et avant 1968 en pèlerinage,  ou à l’époque d’ Arafat du temps des espoirs d’Oslo. Autres temps …

Maintenant vous ne resteriez pas indifférents au Gaza d’aujourd’hui…

Vous diriez que c’est une terre riche en potentiel mais dévastée par les attaques et le blocus, avec des gens  qui restent accueillants, simples, généreux, ouverts sur le monde, sensés et cultivés, riches ou modestes, paysans ou pêcheurs, comme ouvriers, architectes et médecins, journalistes et artistes,  pas haineux du tout  … Qui pour beaucoup préfèrent la langue française à celle de Shakespeare et la parlent mieux que nombre de nos compatriotes sans jamais avoir pu venir l’apprendre en France. C’est le creuset d’une société normale, somme toute, où des hommes et des femmes  avec leurs familles  ne demandent, pour tous ceux que j’ai rencontrés, qu’à vivre en paix, enfin reconnus et libres comme palestiniens sur cette terre avec le droit d’aller et de venir.

Et pourtant, vous seriez témoins qu’au delà de cet accueil chaleureux, tout manque et pas seulement la liberté à Gaza, mais  aussi l’eau potable pour boire, l’eau non salée pour se laver sans avoir le corps et les cheveux qui collent, cette eau douce aussi aux cultures captée par Israël. Manque aussi la nourriture, notamment les fruits et les légumes qui arrivent au compte goutte d’Israël ou plus souvent d’Égypte depuis que la terre accessible ici ne peut plus en produire. Beaucoup de chômeurs aussi attendent un travail qui se fait rare par manque d’argent pour les salaires aussi pour vivre normalement, cela  faute de matières premières qui ne rentrent plus et faute du droit d’aller travailler au delà de Gaza.  Pas d’essence non plus : Ni pour les véhicules ni pour les groupes électrogènes ; avec de l’électricité seulement quelques heures par jour quand tout va bien : au bon vouloir des israéliens.Le gaz manque aussi pour la préparation  des repas; les logements sont détruits alors que les chantiers en cours financés par l’Europe n’avancent plus; les terres sont dévastées par les vagues d’interventions laissant des trous béants d’obus comme aux temps de la grande guerre à Verdun ou  dans les Ardennes, séquelles de bombardements israéliens; les bonnes terres restent confisquées, transformées en no man’s land par une armée israélienne qui veille sur ces zones dites tampon où les paysans ne peuvent plus venir entretenir leurs champs; des familles de plus en plus nombreuses sont endeuillées; le manque de médicaments est criant et adultes et enfants sont en nombre emprisonnés sans jugements et visites possibles dans des prisons israéliennes le plus souvent sans droit de se défendre et sans visites de leurs familles  …

Alors pouvez vous continuer comme si rien n’était, vous les gens d’ici, alors que la paix se profilait là bas… et que tout explose de nouveau ? Pouvez vous laisser s’attiser des turbulences indignes et des crimes haineux,  en ignorant  la tension aveugle qui monte sans broncher  ? Cela ne reviendrait il pas  à donner un permis de tuer à tout va à Israël et à faire renaitre de ses cendres un Hamas à bout de souffle, comme prétexte à ses interventions meurtrières ?

Pourquoi donner un tel laisser faire à Israël encore aujourd’hui, jour du défilé du 14 juillet en France, symbole de liberté et de libération de notre peuple et qui plus est, sur fond d’anniversaire de la première guerre mondiale qui en a engendré une deuxième à force d’autisme et d’esprit de revanche…

Pourquoi ? de la part de l’Ambassade de France offrir  aujourd’hui à Tel Aviv un bal de 14 juillet en soutien aux israéliens des territoires proches de  Gaza ???

L’histoire ne nous aurait donc rien appris en ce jour de commémoration de la 1ère guerre? Depuis quand la guerre rend elle des frontières plus sûres et favorise-t- elle l’entente entre les peuples ?

Depuis quand des répliques meurtrières arrêtent une escalade insupportable et peuvent elles faire réfléchir des citoyens désespérés face à l’inertie mondiale ou arrêter quelques groupuscules armés par  des manipulateurs obscurs qui ont de tout temps existé et qui aujourd’hui ne cherchent qu’à faire parler d’eux et à se renforcer comme en Syrie ?

Qui peut arrêter cette folie  d’injustice, entretenue par une ONU qui se contente de condamner sans agir, et cette soif de vengeance sans retenue de la part d’Israël ?

Au nom de quoi, de qui et de quel Droit agit cet état en toute impunité ??? Et grâce à quelles protections et silences coupables ?

Car c’est bien de guerre et d’occupation illégale qu’il s’agit et ça ne date pas d’hier. Mais ce qui est surprenant et nouveau c’est que juste avant les cérémonies du 14 juillet, en notre nom, la France ait approuvé ces crimes de guerre avant de … “reculer” un peu et bien trop timidement, et sans vraiment condamner et ce, uniquement semble t il, face aux réactions multiples et manifestations dans tout le pays. “Quand même !”Quel aveuglement et quel manque de courage politique … quel manque d’éthique aussi .

Alors, vous, nos représentants, êtes vous capables  en ce jour de fête nationale de prendre position pour de bon, une fois pour toutes, “sans vous boucher le nez”, contre l’indicible qui se joue de nous, peuple libre et souverain, une fois de plus à Gaza, car c’est cet indicible qui est forcément liée à notre propre Histoire…Et nous rattrapera si nous n’y prenons garde.

Cette guerre à Gaza, oui c’est bien de guerre qu’il s’agit,  c’est une guerre contre des assiégés dont la seule faute est d’être nés au sein de familles enracinées dans cette Terre  de Gaza ou de s’y être réfugiés depuis la Palestine historique en attendant de revenir au pays de leurs aïeux et qu’Israël a barricadés  et enfermés derrière un mur de béton, de haine et de méfiance entretenue, coupés des autres  morceaux de Palestine que sont la Cisjordanie et Jérusalem terres devenues lointaines  et étrangères dans ce pays de mirages dans lequel Gaza est pris au piège depuis 1948 …

Et moi qui connais Gaza et y ai des amis, parmi la liste de morts et de blessés civils égrenés au fil de ces derniers jours !!! je cherche au gré des reportages qui nous arrivent que sont ces amis devenus ? que leur est il advenu ?

Qui de ces morts affichés dans un décompte macabre qui s’alourdit presque d’heure en heure, ais je croisés dans la rue ou à la campagne la dernière fois en mai 2013 ? qui m’a souri,  parlé, offert un thé, ouvert sa porte ? … j’ai peut être des photos de certaines de ces vies envolées et volées; je cherche avec crainte les maisons de mes amis, des visages aimés et connus pour m’assurer qu’ils sont en vie… Mais repartis pour combien de nuits blanches, de traumatismes et de peurs s’ils sont encore vivants.

Ma maison leur est ouverte et ils le savent, mais ce n’est pas chez eux. Leur vie est à Gaza. Et en plus, comment venir alors que les frontières sont fermées par Israël ou par l’Égypte, la mer  gardée par des vedettes avec droit de vie et de mort sur qui dépasse des limites unilatéralement arrêtées par Israël sans protestation de la Communauté internationale; et par le ciel, l’aéroport bombardé en 2008 n’accepte plus que quelques charrettes à ânes qui seules peuvent s’aventurer sur les pistes détruites …

Alors je scrute les images, j’écoute les informations …

Je pense très fort à eux, naïve sans doute, mais dans l’espoir que cela leur permettra d’éviter le pire… et mon esprit s’envole vers cette famille que j’ai accueillie pendant plusieurs mois à Évry lors de “plomb durci” . C’est elle, J, devenue mon amie qui me disait l’an dernier quand je l’ai retrouvée en Palestine, alors qu’elle était revenue à Gaza pour y vivre avec ses enfants, dans sa maison.

Pourquoi ? lui ais je demandé “es tu revenue ici” ?

Parce que, m’a t elle répondu,  “nous ne soutenons pas le hamas mais la vie y est tellement plus libre qu’en Arabie Saoudite…   où ils s’étaient réfugiés après leur passage en France pour des raisons professionnelles aussi.

Mais je m’interroge : Où sont ils aujourd’hui ? En vacances  à Riyad où le père est médecin ? car l’école est finie depuis juin à Gaza… Et le ramadan en famille avec papa c’est quand même plus sympa… même si on doit rester pour les femmes et filles enfermées la journée.

Si je m’inquiète pour eux … C’est que juste avant ces pluies de bombes, aux dernières nouvelles, on ne pouvait plus sortir de Gaza même par l’Égypte… Aussi je crains que le piège se soit une fois de plus refermé sur eux… et ils ne sont pas joignables par téléphone en ce moment…

Alors je regarde des photos de cette famille accueillie chez moi en France, puis reçue à mon tour dans leur maison de Gaza où je les ai revus. Je scrute ces visages presque trop souriants mais … si on observe de plus près on aperçoit toujours les marques qui planent dans le regard, signes des plaies non refermées de “Plomb durci”hier … surtout pour le petit dernier qui m’appelait ” sa tante” et reste encore perturbé depuis 2008 par les bombardements d’alors et les tirs quotidiens de la marine israélienne qui ébranlent cette maison de bord de mer.

Je les ai entendus en 2013, quand j’ai dormi chez eux, ces tirs  contre des bateaux de pêche  qui nous faisaient sursauter et précipitaient Youssef dans les bras de sa maman de jour comme de nuit…

Aujourd’hui qu’en est il de ces visages aimés et de tant d’autres entraperçus ou côtoyés ?

Quelles marques indélébiles, si la mort les épargne, garderont ils de cette nouvelle épreuve ?

Alors ça va, arrêtez de parler de résilience à propos de ce peuple  courageux et humilié en permanence et de fantasmer sur un Hamas qui détruit et  oppresse en espérant vous donner “bonne conscience” tout en restant muets contre ce massacre de tout un peuple . Qui détruit vies, maisons et âmes à gaza en semant la terreur et en balayant tout processus de paix sur son passage ? Qui agit en toute impunité ?

Et ce ne sont pas à des gens haineux,  à l’ esprit destructeur associés à des indifférents ou des esprits méfiants, coupables d’enfermement dans un silence indigne, ou à des poltrons, de nous empêcher de dénoncer les crimes de guerre commis par Israël et de manifester pour demander la condamnation de cet état et de réclamer encore et encore la reconnaissance du droit des Palestiniens à vivre libres dans leur pays.

 CAR  C’EST UN DEVOIR DE NE PLUS LAISSER FAIRE ET CONTINUER A DONNER A ISRAËL UN PERMIS DE TUER. TROP C’EST TROP. IL EST TEMPS QUE CETTE ZONE SOIT SOUS CONTRÔLE INTERNATIONAL DANS LE CADRE D’UN PROCESSUS DE PAIX.

Gaza, Où est passé l’espoir d’une paix retrouvée dans le cadre d’une réconciliation nationale enfin actée entre palestiniens.

Aussi Condamnez enfin fermement ces crimes, dénoncez l’occupation des terres et demandez en même temps l’évacuation immédiate des colonies en terre de Palestine et exiger des pourparlers de paix.

Car il y a aujourd’hui urgence à agir pour la liberté et la dignité des palestiniens de Gaza et pour les droits de l’ensemble du peuples palestinien.

« Oh faites que jamais ne reviennent le temps du sang et de la haine car il y a des gens que j’aime à Khan Younes et à Gaza ». Chantez le sur un air de Barbara qui parlait d’une autre guerre de résistance.

Je vous souhaite une bonne fin de journée.

 

 

Alerte canicule, à l’usage des Politiques

23 juin 2014

C’est l’été. On se bouge ou on prend son temps ; et pour nombre de chanceux … Nous allons partir en vacances respirer loin des rumeurs des quartiers, se ménager des espaces de calme en famille et avec soi même, faire le point de ses engagements. Bref c’est un temps de répit bien mérité après une année militante familiale et professionnelle bien remplie …

Mais comment retrouver cette part d’insouciance ?

A peine la vague brune des élections passées, l’actualité mondiale se bouscule et nous interpelle avec ses cortèges de morts et de destructions : En Palestine l’ armée israélienne détruit dans un vent de folie, arrête et tue même des enfants, bras armé d’un Etat voyou qui ne supporte pas les droits du peuple palestinien réconcilié, en Irak où se déploie un gagne terrain haineux et fratricide, en Ukraine où la mort à petit feu de la paix civile rode, en Asie avec des boat- people dont on ne parle que quand ils se noient, en Centre Afrique et au Mali, au Brésil qui nous embaume avec sa coupe du monde de foot en effaçant les favelas des reportages…

Et chez nous à Evry comme ailleurs en France  c’est le tour de France qui sert de « baume vacances » pour occulter les queues du petit matin « des en quête de papiers » devant les préfectures, pour nous faire oublier les étrangers parqués dans les centres de rétention, les « chassés » du côté de Sangatte au prétexte d’une épidémie de gale et ces roms dans leurs campements de fortune avec la peur d’être chassés à l’aube de chaque matin.

Alors on s’organise pour veiller à tour de rôle pour dénoncer ce qui déraille, soutenir et accompagner tous ceux pour lesquels cette trêve d’été génère l’oubli ou devient piège.

Mais plus que jamais en cette période de “vacance”, nous nous retrouvons souvent seuls face à l’inextricable dans ce combat pour les libertés et le respect des droits humains.

Pourtant la Solidarité internationale, ce n’est pas se battre seuls et tout le temps sur tous les fronts  … Ce n’est pas le rôle, et la responsabilité des associations de remettre de l’ordre dans la marche du monde et des états pour que soient respectés les droits fondamentaux et mettre au pas des états voyous où des cohortes fanatiques, encore moins de faire respecter le Droit des peuples à vivre en paix. Nous ne pouvons pas, sans soutien politique réparer des vies, plaider des causes, accompagner et protéger.

Au cœur de cet été brulant sur tous les fronts, ce ne sont pas seulement les ministres qui doivent agir ou rester joignables mais les élus de France et d’Europe, comme les responsables politiques et les techniciens du quotidien… Et pas seulement dans le cadre d’une veille sanitaire liée à une hypothétique canicule.

Aujourd’hui il est urgent de mettre en place une veille citoyenne et politique conjointe pour le respect des droits fondamentaux ici à Evry et en  Essonne, en France et partout dans le monde. Il y va de notre dignité,  aussi quelque part de notre survie démocratique…Et de la grandeur de la France.

Quel Avenir pour la Syrie ?

1 février 2014

C’était jeudi soir … Salle comble pour ce débat à la Maison des syndicats d’Evry sur l’Avenir de la Syrie …

Et merci mille fois au Collectif Méditerranée de l’avoir organisé et porté avec sérieux  et convivialité mêlés.

De ce débat d’un haut niveau de Savoir et d’Humanité, j’ai retenu quatre messages :

1.       Le despotisme en Syrie d’un autre âge peut et doit cesser. C’est le régime clanique violemment anti démocratique entretenu et exacerbé par Bachar Al Hassad qui a poussé à la révolte pour le changement ; il n’a plus aucune légitimité. Un point de non retour a été atteint dans l’escalade de la violence et des horreurs commises, orchestrées et organisées dans un chaos de haines générées dans le seul but de se maintenir au pouvoir.

2.       Le combat pour la liberté et la démocratie en Syrie reste éminemment légitime et doit être reconnu et soutenu ; les exactions commises par des groupes tragiques de déviance et de haine ne sont en aucun cas une excuse ou un prétexte pour laisser massacrer un peuple par une armée de mercenaires au service d’un clan et de sbires asservis.

3.       Si ce conflit sanglant dure trop nous avons-nous, la France comme tous les autres pays siégeant dans les institutions internationales, avec au premier plan les Etats Unis et la Russie, une lourde part de responsabilité. l’ONU qui n’a que trop tergiversé doit prendre ses responsabilités face à Bachar Al Hassad qui se joue des institutions.  

4.       La Syrie pour exister en démocratie, retrouver son âme et se reconstruire doit cesser d’être un terrain d’aventures et un camp d’entrainement macabre pour des mercenaires et  extrémistes religieux et autres en soif de haine et de vengeances non contrôlées prêts à semer la terreur. Il existe de vraies forces démocratiques en Syrie que l’on se doit de soutenir et d’aider.

Nous sommes 300 à avoir entendu. Maintenant mieux éclairés, nous ne pourrons plus dire que nous ne savions pas  … Avec les clés de la compréhension qui nous ont été offertes, il nous faut maintenant agir pour que la liberté l’emporte sur les démons du cynisme d’un despote et chasser la folie des violences incontrôlées de cette Terre pour un retour à la démocratie et à la liberté. Comment ? C’est un des enjeux et notre collectif doit y prendre sa part ?…

Myriam Heilbronn

Présidente de la Maison du Monde

Samedi 1er février 2014

Accueil à Gaza et au camp de réfugiés de Khan Younès lors de mon dernier voyage

2 décembre 2013

Cette année, nous n’avons pas voulu supplier les autorités israéliennes pour venir à Gaza. C’est par une autre porte, celle de Rafah, que l’on espère pour toujours débarrassée de ses entraves israéliennes illégitimes, que nous sommes entrés sur cette terre palestinienne, accueillis presque en héros.

Tout a donc commencé après la frontière égyptienne franchie sans encombre grâce à une coordination diplomatique préalable bien utile. Et, dès le terminal égyptien franchi,

 Avant toute question administrative, les premiers mots des douaniers gazaouis ont été : Vous êtes le groupe de français ? « Bienvenue chez nous en Palestine » Puis après un contrôle « normal »  c’est un accueil chaleureux du Comité populaire du Camp largement représenté … qui nous attendait à la sortie du terminal.

Ils étaient là, une bonne dizaine depuis plus de 5 heures à guetter notre arrivée.

Ce furent alors embrassades, accolades, photos individuelles et collectives, retrouvailles avec certains visages connus ; puis un temps de repos avec discours et thé et gâteaux d’accueil dans le salon des personnalités du poste frontière où flottaient les drapeaux français et palestiniens mêlés. 

C’est ensuite très entourés, et toujours largement photographiés comme des vedettes, que nous avons pris la route en car avec Mazen, Président du Comité Populaire, entourés aussi d’une bonne partie de son équipe. Nous étions escortés par la voiture de notre ami Fouad, l’ancien Président du Comité et co signataire du jumelage avec la ville d’Evry. Il avait tenu à venir avec sa voiture de l’Unwra, pour s’assurer par lui-même jusqu’à notre port d’attache à Khan Younès que tout allait bien. On n’en n’aurait pas fait plus pour une visite d’Officiels.

Je ne vais pas vous refaire en détail le film de l’accueil à chaque étape de tout notre séjour. Mais de notre arrivée à l’hôtel du croissant rouge de Khan Younès à notre départ, lors de la visite du camp et d’autres camps de réfugiés, dans des écoles comme au PARC, lors de rencontres officielles, lors de balades en ville ou dans les campagnes, à l’hôtel à Gaza ville, lors de temps d’accueil dans les familles amies, de rencontres avec les pêcheurs et des paysannes, de déjeuners parfois repoussés tardivement par notre faute, de débats et d’échanges sur la situation locale et politique, de temps festifs organisés en notre honneur, j’ai rarement vécu autant d’attentions petites et grandes apportées aux modestes visiteurs que nous étions.

Ils nous ont ouvert en grand les portes de chez eux, avec à la fois disponibilité et simplicité. Nous avons aussi rencontré leurs familles au cœur d’un quotidien bousculé par la si rare venue d’étrangers, nous offrant à l’orientale des mets délicieux, prenant le temps nécessaire pour qu’on se sente à l’aise, organisant et réglant les visites à notre demande avec toujours calme et gentillesse.

Ce sont tous ces moments inédits et précieux que nous gardons en mémoire. Nous étions venus pour comprendre, partager et témoigner à notre retour… Nous sommes venus rencontrer des palestiniens, nous sommes devenus membres de la famille …

Ils ont passé des nuits blanches pour faire des montages photos, résolu de multiples problèmes matériels liés au blocus … en toute discrétion ils ont anticipé nos besoins. Ils ont résolu toutes les quadratures du cercle pour nous permettre d’aller partout où on le souhaitait.

Ce respect  et cette écoute de l’autre, trop rare de nos jours en France, on l’a ressenti toute la durée du séjour, avec toujours en fond de tableau, ce rappel de leur identité et de leur histoire, avec élégance et discrétion, un grand sens du collectif, de la finesse et de l’astuce, chargée d’humour parfois et surtout beaucoup de dignité et d’humanité.

Et puis, je voulais vous dire à nous tous français qui nous heurtons au quotidien à tant de faits racistes et de peur de la différence, ce qui est frappant à retenir chez toutes ces femmes et ces enfants et chez ces hommes que nous avons rencontrés, c’est cette acception naturelle de nos différences, avec aussi comme point fort pour tous comme pour l’ensemble des représentants du Comité populaire et des officiels et Universitaires rencontrés, l’absence de haine envers les israéliens, mais une très grande souffrance à ne pas être compris dans leurs revendications naturelles par ces derniers et l’ensemble de la communauté internationale, à savoir : la reconnaissance de leur identité Palestinienne et leur souhait de liberté, et bien sûr la reconnaissance de leur droit au retour en tant que réfugiés.

Beaucoup d’entre nous ont pleuré ou caché leurs larmes en les quittant lorsqu’ils nous ont raccompagnés en grande pompe et émus à la frontière de Rafah.

Nous reviendrons c’est sûr, en espérant que le vent de la liberté à Rafah nous ouvrira toujours ses portes et surtout, qu’un jour viendra, où c’est sans contraintes par la grande porte d’Eretz, par Israël, que nous pourrons entrer à Gaza reconnue enfin Terre de Palestine par tous les Etats.

A notre tour nous rêvons de pouvoir accueillir en visite tous ces amis de Gaza, parcelle de notre grande famille humaine, libres enfin de circuler comme c’est leur droit depuis tant d’années bafoué, malgré de multiples résolutions des Nations Unies,

Alors ? Nous le souhaitons, à bientôt chez nous amis de Gaza ?  !. Pourtant,

       « La Palestine est belle

       - oui la Palestine est belle

       Variée riche

       - riche en histoire

       C’est une terre de mythes

       de pluralismes

       et elle est fertile malgré le manque d’eau

       elle est modeste aussi

       la nature y est modeste, c’est un pays simple »

       Mahmoud Darwich

 

La place des femmes dans la résistance populaire non armée en Palestine, un symbole, Nabi Saleh

20 mars 2013

Résister pour les femmes rencontrées lors de mes voyages en Palestine, c’est d’abord continuer à VIVRE. Et vivre c’est aussi au quotidien pour les femmes palestiniennes, ne pas se résigner, continuer à travailler, éduquer les enfants, aimer et rire aussi parfois  … Et aussi dire ce qui se passe, dénoncer les injustices, protester contre l’enfermement et les privations de liberté d’aller et venir dans son propre pays, manifester contre ce mur et les cortèges de drames qu’il génère… Une résistance populaire, portée sans armes ni violence.

Parfois il s’agit simplement « poser » des actes au quotidien, de RESTER là où elles ont toujours vécu, pour y continuer à accomplir des gestes quotidiens : S’occuper des enfants, faire le pain pour se nourrir et le partager, entretenir sa maison, cultiver son jardin, circuler, aller travailler c’est aussi parfois faire la fête comme le soir de notre venue à Nabi Saleh…

C’est surtout inlassablement, chaque jour, trouver l’énergie de continuer à vivre et espérer. Et dans de telles vies sous tension, toujours en alerte, aucun geste accompli n’est banal, simple, facile, anodin.

Car tout ce qui est pour nous évident peut poser problème pour les femmes en Palestine et à tous les âges, les vies sont compliquées par la répression et les interdictions au quotidien ; ce sont des vies aux libertés confisquées ou toujours sous caution. Mais de ce fait là, dans ce pays là, il n’y a pas de place pour la résignation : Pas seulement à Nabi Saleh mais aussi à Jérusalem, à cheikh Jarrah, à Naplouse ou à Hébron, Bethléem, Beit Omar, dans la vallée du Jourdain ou dans les camps de réfugiés comme à Jenin ou Aida et à Gaza aussi.

A chaque fois c’est ce que j’ai découvert quand vous nous avez ouvert vos portes le temps d’une soirée, ou simplement lors d’une conversation ou d’un échange après nous avoir demandé qu’on vous prenne en photos pour qu’on ne vous oublie pas.

Vous nous avez fait visiter votre ville, votre quartier, ou bien votre village. Parfois vous nous avez fait signe d’entrer pour qu’on comprenne bien quelle est votre vie.

Le plus souvent vous nous avez accueillies chez vous, parfois le temps d’un repas, d’un café ou d’un simple verre de thé et même pour certaines vous nous avez offert l’hospitalité pour la nuit ; et surtout … vous nous avez parlé inlassablement de votre quotidien, avec le souci d’élever des enfants qui grandissent sans leur père prisonnier et dont on ne sait quand il reviendra, et sans savoir pourquoi il est en prison. Vous nous avez dit en anglais en arabe, en français et surtout dans la langue du cœur tous les tracas, les brimades d’une vie sous occupation.

Alors, Il y a tous ces visages sans noms dont je n’ai pas volé les images mais que je n’oublierai pas :  

Certains furtifs comme celui de cette femme côtoyée dans l’ombre d’un cherokee collectif, à la nuit tombée, insultée et chassée du véhicule par une jeune militaire israélienne au check point de Qalandia …

D’autres forts par leur présence et leur force de vie incrustés à tout jamais dans ma mémoire, amies de Naplouse, Jénine, Hébron et surtout vous, les femmes de Nabi Saleh.

Dans ce village aux ocres méditerranéens, perché en haut de sa colline, et qui bat le triste record du nombre de militants emprisonnés par l’occupant…

 

Pour vous, ce ne sont ni les murs ni les barrages qui vous arrêtent ou vous font reculer ou renoncer à vous battre contre le vol de l’eau, les intrusions sur vos terres ou dans vos maisons.

Vous résistez, car c’est bien de résistance qu’il s’agit, « à coups de manifestations sans armes chaque vendredi» contre ces soldats qui vous « bombardent » en retour de gaz lacrymogènes ou de bombes puantes, mais aussi parfois de balles ou de gestes qui tuent. Ces bombes de caoutchouc sont récupérées par vos enfants qui en font des guirlandes qui viennent, en décorations ironiques  « orner largement les murs de clôture de vos maisons comme autant de pieds de nez mais aussi de preuves de ces violences subies et accumulées …

Cette résistance, elle est quotidienne et pas seulement « faite » de protestations à haute voix le vendredi.

Mais par ces actes c’est surtout votre quotidien dévasté par tant de violences subies que vous dénoncez, cet Apartheid et votre enfermement que vous refusez en continuant simplement à vivre chez vous, en n’abandonnant pas vos maisons et vos terres malgré les violences ou l’emprisonnement de vos époux ou de vos enfants, en faisant face aux colons qui vous narguent en vous volant l’eau des cultures et de la vie courante pendant qu’ils font arrêter vos époux. Car c’est aussi cela votre vie au quotidien.

Et chaque vendredi, vous êtes là, dès 14heures sur la place principale du village en haut de la colline. Toutes trois, vous prenez la tête de la manifestation avec pour seules armes vos voix et vos présences, tenant d’une main le drapeau de la Palestine, votre pays, et de l’autre celle d’un de vos enfants.

Et inlassablement vous descendez jusqu’au barrage de soldats et de véhicules blindés qui coupent la route du village, le transformant en voie sans issue, pour dénoncer ce vol de l’unique source d’eau détournée et dénoncez les injustices qui sont les vôtres aux oreilles des soldats et des colons qui vous font face.

Car vous nous l’avez dit et répété, vous ne céderez pas, même en l’absence de vos maris emprisonnés et toujours sans jugement pour avoir protesté avant vous contre ces vols.

Vous avez pour nom Nariman Tamimi (épouse de Bassem, militant longtemps emprisonné et aujourd’hui libéré sous caution), Bouchra et Manal Tamimi,

Toutes les trois vous êtes un des plus beaux symboles de ce mouvement de résistance populaire qui se développe partout en Palestine sur ces lignes de front qui ne disent pas leur nom, tout au long de ces murs de la honte de béton ou barbelés, érigés partout par Israël pour morceler votre pays et le transformer en un puzzle inextricable et vous pousser au renoncement.

Mais vous résistez vous, les femmes de Nabi Saleh.

Vous refusez ce vol de l’eau et de la moitié de votre village et de vos terres confisquées.

Vous refusez la prison sans jugement infligée à vos proches en toute illégalité et en violation des droits humains.

Et malgré les morts injustes et les emprisonnements arbitraires, tant que la source ne coulera pas de nouveau du bon côté de la colline pour fertiliser vos champs … Tant que vos terres ne vous seront pas rendues, tant que vous ne dormirez pas en paix auprès de vos époux de retour et sans incursions de soldats israéliens la nuit dans vos maisons pour fouiller ou arrêter l’un d’entre vous et même vos enfants, vous reviendrez.

Inlassablement chaque semaine, telles des figures de proue à l’avant d’un navire, vous l’avez décidé, vous prendrez la tête de la manifestation qui descend de la place du village,

 

Et face aux soldats et aux colons qui vous barrent le passage vous rappellerez au monde entier que ce mur de soldats casqués et armés n’est qu’un mur d’injustice et de honte qui un jour tombera, pour que vous puissiez comme avant, vivre enfin en famille et en paix chez vous en Palestine.

Le 19 ème Maghreb des livres dans les Salons de l’Hôtel de Ville de Paris

19 février 2013

Un cadre majestueux pour cette manifestation organisée par l’Association «  Coup de soleil »  qui a accueilli cette année près de deux cents auteurs maghrébins et français les 17 et 18 février avec l’Algérie à l’honneur  pour les cinquante ans de son indépendance.

Ce fut pour moi une balade dominicale riche en rencontres et échanges avec des auteurs prêts à partager leur parcours de patience et de recherche assidue, nous offrant au bout de leur chemin d’écriture des regards à la fois diversifiés mais très souvent convergents sur une page de notre histoire commune avec l’Algérie qu’on ne peut plus occulter.

Cinquante ans après c’est ceux qui précèdent juste ma génération mais aussi celle de mes enfants, qui reprennent cette histoire masquée et qui relient les fils emmêlés ou renouent les maillons manquants de cette page de notre histoire du vingtième siècle. Il est grand temps de faire cet effort de mémoire.

Et ils ont réveillé en moi des images furtives de lieux à peine nommés dans l’Algérie indépendante, des faits à peine cités, des histoires effleurées dans des livres de chez Maspero ou édités à compte d’auteurs il y a de cela trente ou quarante ans, des récits enrayés jadis par l’émotion d’amis engagés à l’époque dans les réseaux de soutien aux Algériens en “France métropolitaine”, et aussi des « appelés d’Algérie » ou certains  pieds-noirs qui refusaient de se souvenir, ou ne  narraient que le bon ou plutôt l’acceptable ou « l’excusable » pour « l’entendement ». Aujourd’hui, les masques tombent avec le temps, les langues se délient loin d’affrontements qui n’ont plus cours.

C’est moi, c’est vous peut être qui en lisant ces quelques lignes auront envie de dire enfin, de partager, de témoigner, de creuser dans vos parcours de vie ou de famille qui retisseront aussi cette toile d’humanité dont nous avons besoin pour avancer et aider au soutien de ces peuples en lutte pour la liberté d’Etre, que ce soit au Tibet, en Palestine, au Sahara Occidental, dans tous ces pays aux combats en devenir, car si nous ne sommes pas au clair avec notre histoire nous ne pouvons pas aider les autres ni même les comprendre.

Il nous faut enfin faire le ménage dans nos têtes non pour tourner une page, mais pour l’inscrire dans l’Histoire pleinement, pour se débarrasser enfin du trop plein d’émotion qui encombre, dans le creuset de toutes nos vérités mêlées. Alors si quelques souvenirs vous reviennent, si vous retrouvez des notes d’un proche dans le tiroir d’un bureau, une photo dans les cartons d’un grenier, bien sûr dans le respect de chacun, faites comme tous ceux et celles que j’ai rencontrés ce dimanche, témoignez, écrivez, publiez, car il est grand temps de dire le Vrai en nous épargnant la haine et les rancœurs du passé.

J’ai aimé ce dimanche là dans un calme respectueux de ce lieu à la fois grandiose et accueillant que Delanoë sait si bien faire vivre. J’ai savouré autant que l’assiette orientale du buffet, ce temps de respect et de partage réciproque dans une atmosphère à la fois douce et ouverte au milieu de tant d’ouvrages à feuilleter sans interdits ni remarques.

J’ai écouté et observé avec intérêt ce regard appuyé, le temps d’une table ronde la présentation faite sur le parcours de deux hommes de bonne volonté, dits libéraux ! à l’époque, qu’on dirait engagés aujourd’hui. Chacun à sa place, l’un, sous les feux des projecteurs de sa vie publique Jacques Chevallier, ce pied-noir tour à tour Député d’Algérie et Maire d’Alger, « l’homme qui voulait empêcher la guerre d’Algérie » et l’autre, Pierre Thiery, ce « métropolitain » nommé en Algérie, avec l’autorité tranquille de sa fonction de Responsable d’une Société minière, notamment près de Constantine, qui ne se sont pas trompés de combat. Et en visionnaires éclairés, à l’avant-garde de leurs concitoyens, ils ont partagé des secrets, accepté et parfois anticipé la marche de l’histoire en agissant là où ils étaient pour faire avancer la cause de l’indépendance de l’Algérie. Respectueux de ce pays qu’ils aimaient mais surtout de ses habitants « colonisés d’alors » ils ont mis toute leur énergie, impliquant parfois aussi leurs proches, pour porter par moments au plus haut sommet de l’Etat cette cause juste et tenter de faire comprendre l’irréversibilité du processus d’indépendance.

Si l’on avait à l’époque su entendre leur voix, et celles de bien d’autres engagés comme eux, et la répercuter, combien de vies et de drames auraient pu être évités dans cette Algérie qui paye sans doute encore aujourd’hui le prix de cet immense gâchis d’une guerre injuste, trop longue et trop sanglante…

Le troisième ouvrage que j’ai retenu était consacré au camp de Lodi qui avoisine le site tristement connu aujourd’hui du monastère de Tibérine, un retour sans complaisance sur ces « oubliés » ces centaines de Pieds Noirs, sympathisants de l‘indépendance qui ont été arrêtés et détenus dans ce camp de façon arbitraire. Et en entendant Nathalie Funes évoquer ses recherches sur « la véritable histoire du camp de Lodi » un clignotant s’est allumé dans mon catalogue de souvenirs enfouis. L’aurais je vue sans le savoir cette prison, lors d’un voyage vers le sud, en prenant un jour une route de traverse près de Médéa. Ce n’étaient, à la fin des années 70 que des alignements de bâtiments « de garnison » vides qui intriguaient, semblants de vestiges d’une guerre occultée ou lieux bannis, mais pourquoi ? Nous avons questionné à l’époque, errant alentour avec mon mari sans avoir eu d’explication sur ce lieu étrange au milieu de nulle part et abandonné des hommes …

Mais cette chape de plomb que nous soulevons enfin en France pour qu’on n’oublie pas cette page de notre histoire ne concerne pas que nos compatriotes. C’est l’heure maintenant aussi pour les citoyens de cette nation algérienne, dans leur pays trop longtemps confisqué et enfin libéré des chaines de la colonisation, de faire ce bout de chemin aussi au sein de leurs familles, de leurs cités et au cœur même des institutions de l’Etat algérien… Si leurs ainés n’ont pas su, pas pu ou pas voulu remuer ces années de braise, il est grand temps que la génération montante chasse les vieux démons de la haine  ou de peines ressassées et pose les mots pour panser des plaies qui ne se refermeront pas d’elles mêmes. C’est essentiel aussi, quelles que soient les dissensions qui ont suivi, de réhabiliter enfin tous ces témoins et acteurs de tous bords d’une période d’histoire compliquée qui ont agi pour la liberté de leur pays. Il est à un moment nécessaire de transcender ou dépasser des haines fratricides ou des rivalités qui n’ont fait qu’envenimer des tensions et ont aussi, vu de ma fenêtre de lecture, radicalisé faussement des parcours de vie qui empêchent aujourd’hui la société algérienne d’avancer dans la lumière d’une démocratie apaisée.

En tout cas, ce dimanche, c’était un bel hommage à tous ceux, Algériens d’abord mais aussi français d’Algérie ou de France, qui en partageant la noble cause de l’indépendance de l’Algérie, ont été acteurs ou passeurs de l’Histoire en train de se faire. Ils ont, là où ils étaient, par des actes posés, permis des prises de conscience et apporté une belle pierre à l’édifice de notre Humanité.

C’est aujourd’hui un hommage mérité qui leur est rendu au travers de ces quelques témoignages décrits ou transcrits qu’il est important de pouvoir partager car c’est de cette manière qu’ils ont laissé leur empreinte dans la guerre d’indépendance de l’Algérie mais aussi au cœur de nos consciences en France.

 

Les tables de ce Salon nous offraient des livres par centaines que j’aurais souhaité presque tous lire mais le reste de ma vie n’y suffirait pas … Alors il m’a bien fallu choisir ! … Fouiner aussi dans les présentations de ces petites maisons d’édition au long parcours militant qui nous permettent de découvrir des auteurs qui n’auraient pas écrit leur nom sans eux à ce salon.

Et puis au détour d’une table, j’ai découvert, oh surprise, comme autant de petites madeleines de Proust, la plupart des auteurs algériens francophones, même les plus durs par rapport à la colonisation, dont je garde précieusement les éditions de la SNED, seules lectures accessibles en français quand je vivais en Algérie …  Et introuvables en France à l’époque !!!

Ils sont maintenant édités en livres de poche!!! Quel parcours ! Mais il en aura fallu du temps pour que cet univers qui fait partie de notre patrimoine culturel francophone de par le monde traverse la méditerranée.

Les enfants n’étaient pas oubliés … Aussi j’ai fait l’acquisition de jolis livres de contes dont un bilingue, d’un livre sur la colonisation et d’un livre sur l’immigration expliquée aux enfants.

 

Jacques Chevallier, l’homme qui voulait empêcher la guerre d’Algérie, José-Alain Fralon, éditions Fayard, mai 2012, 20 euros

Le Camp de Lodi. Algérie, 1954-1962 par Nathalie Funès, Stock, 208 p., 19 euros.

Et surtout Mémoires d’un chrétien libéral d’Algérie, 1930-1960 « Autobiographie de Pierre Thiery » de notre ami Simon Pierre Thiéry édité aux éditions Bouchène, 10 euros.

 

                               Et pour mes petits enfants :

 

Vivons Ensemble de Mustapha Harzoune et Samia Messaoudi avec des illustrations d’Hervé Finel aux Editions Albin Michel Jeunesse, 19,90 euros

 

Les contes de l’olivier, contes juifs et arabes choisis et adaptés par Catherine Gendrin et Judith Guefier aux éditions Rue du Monde, 18,80 euros

 

Petite histoire des colonies françaises de Grégory Jarry et Otto T aux éditions FLBLB, 13 euros

Aggie change de vie de Malika Ferdjoukh, neuf de l’école des loisirs, 8,50 euros

 

Contes du Maghreb dans la collections bibliobus de chez Hachette éditions, 6,90 euros et son livret d’exercices (CE2) …

 

Et en version bilingue pour les petits, petits ! « Salem et le sorcier », maison d’édition en arabe … Petit livre avec de superbes illustrations 0,99 euros

Bonne année 2013 pas simplement déclinée en rêves mais en prise avec les réalités de notre vie en France aujourd’hui

3 janvier 2013

En attendant notre lettre annuelle familiale que je partagerai volontiers je vous rappelle les vœux d’un certain Jacques Brel sur Europe 1 il y a quelques années.

Ils n’ont pas pris une ride et en ces temps de crise qui devraient toutefois sonner le glas du défaitisme et mettre à l’honneur le courage et la détermination de tous ceux qui ont à cœur de changer vie en commençant par apprendre à se regarder dans la glace, ces paroles devraient raisonner au plus profond de chacun de nous, grands ou Petits de manière très actuelle environnés d’une chaleur musicale qui rend forcément meilleur, heureux et paisible… Du moins le temps d’une pause !

Fermez les yeux et écoutez …

“Sur la place chauffée au soleil
Une fille s´est mise à danser
Elle tourne toujours, pareille
Aux danseuses d´antiquités,
Sur la ville il fait trop chaud
Hommes et femmes sont assoupis
Et regardent par le carreau
Cette fille qui danse à midi

Ainsi certains jours, paraît
Une flamme à nos yeux
A l´église où j´allais
On l´appelait le bon Dieu
L´amoureux l´appelle l´amour
Le mendiant la charité
Le soleil l´appelle le jour
Et le brave homme la bonté

Sur la place vibrante d´air chaud
Où pas même ne paraît un chien
Ondulante comme un roseau
La fille bondit, s´en va, s´en vient
Ni guitare ni tambourin
Pour accompagner sa danse
Elle frappe dans ses mains
Pour se donner la cadence

Ainsi certains jours, paraît
Une flamme à nos yeux
A l´église où j´allais
On l´appelait le bon Dieu
L´amoureux l´appelle l´amour
Le mendiant la charité
Le soleil l´appelle le jour
Et le brave homme la bonté

Sur la place où tout est tranquille
Une fille s´est mise à chanter
Et son chant plane sur la ville
Hymne d´amour et de bonté
Mais sur la ville il fait trop chaud
Et, pour ne point entendre son chant,
Les hommes ferment les carreaux
Comme une porte entre morts et vivants

Ainsi certains jours, paraît
Une flamme en nos cœurs
Mais nous ne voulons jamais
Laisser luire sa lueur
Nous nous bouchons les oreilles
Et nous nous voilons les yeux
Nous n´aimons point les réveils
De notre cœur déjà vieux”

Ainsi certains jours parait une flamme à nos yeux … Que cette flamme illumine votre année toute entière et toujours avec Jacques Brel, poursuivez ce chant avec ces paroles qui raisonnent comme le prolongement d’une des premières chansons de cet auteur à la voix si chaleureuse et particulière; faites votre ces paroles et  souvenez vous en quand les temps seront difficiles ou simplement quand la tristesse vous bousculera :

“Je vous souhaite des rêves à n’en plus finir et l’envie furieuse d’en réaliser quelques uns. Je vous souhaite d’aimer ce qu’il faut aimer et d’oublier ce qu’il faut oublier. Je vous souhaite des passions, je vous souhaite des silences, Je vous souhaite des chants d’oiseaux au réveil et des rires d’enfants. Je vous souhaite de respecter les différences des autres, parce que le mérite et la valeur de chacun sont souvent à découvrir. Je vous souhaite de résister à l’enlisement, à l’indifférence et aux vertus négatives de notre époque, Je vous souhaite enfin de ne jamais renoncer à la recherche, à l’aventure, à la vie, à l’amour, car la vie est une magnifique aventure et nul de raisonnable ne doit y renoncer sans livrer une rude bataille. Je vous souhaite surtout d’être vous, fier de l’être et heureux, car le bonheur est notre destin véritable.”

Et une très Bonne année à tous mes lecteurs avec ce joli bouquet de mots pour la nouvelle année à faire fructifier dans un coin de votre cœur pour qu’il reste vivant et vous guide en 2013.

Avec toute mon amitié, je vous souhaite tout le bonheur possible.

Le Docteur izzeldine Abuleaish, trois de ses filles tuées à Gaza en janvier 2009, des morts en direct à la télévision israélienne et aujourd’hui l’enfer des bombes sur Gaza lors de sa visite à Paris

19 novembre 2012

 Cet évènement, avait en janvier 2009 fait le tour du monde lors de l’opération “Plomb durci” sur Gaza.

Ce médecin reconnu par ses pairs dans tout le Moyen Orient et par tous ceux qui l’ont approché,  a  notamment exercé  à Gaza ville et dans deux camps de réfugiés de la bande de Gaza, à Khan Younes (jumelé avec la ville d’ Evry dont je suis) et à Jaballiya où il est né … Il franchissait aussi régulièrement que difficilement le check point d’Eretz pour exercer aussi dans un hôpital israélien comme gynécologue, là où il s’est spécialisé.

Son sémaphore  de vie, c’est de toujours, quoiqu’il arrive, ne pas désespérer de l’avenir, mais à chaque fois savoir dire son ressenti, accepter sa colère lorsque les injustices,  la provocation ou la souffrance sont trop fortes,  mais sans jamais se laisser déborder par la haine …

Et puis, après, cette colère, l’évacuer, la dépasser et la transcender pour la rendre productive, créatrice, génératrice de force pour aller plus loin vers la liberté du peuple palestinien, seule source et passage obligé pour la paix.

Vivre intensément chaque instant et au delà,  garder cette lucidité qui permet d’inlassablement expliquer la détresse d’un peuple en errance auquel Israël a pris la terre, labouré, retourné, dévasté pour la rendre inculte la moindre parcelle cultivée,

Et ne pas démissionner face aux oliveraies séculaires privées de leurs arbres décapités ou face aux serres de fleurs, de tomates et de fraises explosées,

Garder l’espoir toujours,

Ce qu’il a fait en reconstruisant rapidement les murs de sa maison détruits même s’ils portent à jamais les stigmates de ses trois filles et de sa nièce mortes sous les bombes,

Trouver l’eau douce quand elle ne coule plus au robinet, constamment détournée et rationnée par Israël,

Continuer à franchir le check point pour aller travailler en Israël, malgré les tracasseries et humiliations quasi quotidiennes par périodes,

Toujours se rendre en famille à la plage, même face aux gardes côtes israéliens qui bloquent l’horizon vers la mer, empêchant les bateaux de pêche de remplir leurs filets pour nourrir les enfants de Gaza.

Et pour se faire comprendre aussi bien dans l’exercice de son métier qu’avec ses amis israéliens et de tous les autres, politiques, humanistes ou simples citoyens du monde,  certains toujours autistes en ces jours de désastre… Expliquer, parler échanger, refuser la haine.

Et ce samedi après Montpellier à son arrivée à Paris encore et toujours, parler, expliquer, écrire, malgré les orages de bombes sur sa ville, son pays,

Répondre aux journalistes en passant d’un coup de fil à l’autre de l’arabe à l’hébreu et pendant un frugal déjeuner trouver le temps sur un coin de table pour un article au”Guardian” en anglais.

Pour parler, dire, dénoncer ce nouvel affront à Gaza, cette opération sanglante, qui réveille les détresses , cette guerre sans fin qui le pousse à s’exprimer encore après son livre qui a fait le tour du Monde et alors qu’il pensait avoir “DIT”  et vécu suffisamment d’atrocités pour éloigner la fureur des bombes pour toujours.

C’est devenu pour lui un devoir, celui d’exprimer au Monde entier que le Monde ne sera pas libre tant que la Palestine ne le sera pas.

Par ce “livre messager”, il n’a en rien renié ses amis israéliens, et ce samedi pendant son exposé si émouvant dans la Salle à la Mairie du 14 ème arrondissement, chaudement accueilli par le député Maire Pascal Cherki il a redit avec force toute son attente d’une Palestine enfin libre.

Car ne vous y trompez pas. Le regard d’Izzeldine Abuleaish, s’il se défend de tout défaitisme par rapport à un processus de paix, s’il n’ignore pas les faiblesses voir les haines de certains palestiniens qu’il n’excuse en rien, sait que la cause première de l’enfermement de Gaza et son isolement sont l’œuvre d’un occupant, Israël.

Aussi, il n’est pas complaisant avec le cynisme de la politique d’enfermement et de morcellement du territoire et des consciences palestiniennes et de Gaza en particulier, avec Israël et son gouvernement cause première de tous les maux de ce peuple éclaté et dispersé sans avoir besoin de désigner des ennemis de l’intérieur qu’il a aidé à fabriquer.

Il lui suffit d’évoquer par la force des mots son vécu, pour dénoncer  la vie indigne infligée aux réfugiés dits de 48 appelée la “Nakba” .

Et s’il dit s’appuyer sur sa foi de musulman pratiquant pour avancer dans sa réflexion et offrir en partage un Cap à tous ceux de bonne volonté qui acceptent le dialogue parce qu’il n’y a pas lieu de désespérer, il n’est pas dans le cliché de “tout le monde il est gentil et il faut tendre la joue gauche quand vous frappe sur la joue droite”.

Ce monde de “bisounours” bercé par certains au mépris  de la réalité n’est pas le sien et j’espère que cette femme  de bonne volonté, venue en coup de vent , déçue qu’il ne l’ai pas attendue pour parler !, alors qu’elle s’était  empressée de répondre à l’invitation pour écouter ce “docteur  pour  la paix” , ne sera pas restée à la surface des mots; qu’elle aura compris au fil de sa lecture l’âpreté du chemin qui reste à parcourir. Il lui a  dédicacé son livre avec un large sourire avant de rejoindre la Manifestation organisée en soutien à Gaza sur la place de l’Opéra.

Là où c’était, nous a t il dit son Devoir d’aller, il a dénoncé une fois de plus l’occupation de Gaza et la nouvelle terrible agression de l’armée israélienne porteuse de mort, répétant avec force que la Palestine devait être libre et reconnue.

A Vancouver en ce moment, il nous a dit vivre, non pas comme “immigré”, mot qu’il déteste, car son pays c’est la Palestine et sa ville Gaza, là où est sa maison, là où se trouve la tombe de sa femme et de ses filles, là où il espère que les oliviers de son champ encore neuf donneront tous les fruits espérés et où grandiront un jour d’autres enfants et travailleront les siens enfin en paix.

Mais il a choisi cette prise de distance vers le “Nouveau Monde car c’était une promesse faite à l’une de ses filles aujourd’hui disparue. Et c’est maintenant un “port” pour se retrouver lui, avec sa famille,  là où sa compétence professionnelle est reconnue, où il peut travailler, refusant toujours et encore l’Assistance et l’inaction.

C’est aussi après toutes ces morts, se reconstruire en famille et permettre à ses 5 enfants de retrouver de la sérénité. En effet ce chemin de deuil, ils l’ont fait sans sa femme Nadia, morte d’une leucémie foudroyante quelques mois avant ses trois filles.

Le Docteur Abuleaish ne vit pas dans une bulle mais  est un artisan au service de la paix pour les palestiniens, un grand Politique au sens noble du terme pour qui chaque parole a un sens.

Ainsi il termine son article au “Guardian” ce samedi par  une citation. Celle d’une autre femme médecin, qui au soir d’une autre guerre, pour des enfants errants au cœur d’une Italie ravagée par les dégâts du fascisme et de la misère , avait ouvert tout grand ce chemin vers la connaissance qui mène un peuple à la liberté .

Et c’est bien là le résumé de son combat :

“Peace will be a consequence of truth. Maria Montessori said: “Establishing lasting peace is the work of education; all politics can do is keep us out of war.” Let us hope this is a turning point, and a way towards Palestinian freedom.”

“La paix viendra de la vérité. Maria Montessori disait : ‘l’établissement d’une paix durable ne peut venir que de l’éducation; tout ce que les politiques peuvent faire, c’est de nous préserver de la guerre”. Espérons que nous sommes à un tournant, que nous trouverons le chemin de la liberté pour les Palestiniens”.

Ou dans la langue de Dante  Maria Montessori écrivait en 1946 : “Evitare i conflitti è opera della politica, costruire la pace è opera dell’educazione.”

Ce samedi dernier, une rencontre organisée par un de ses éditeurs se voulait paisible et bien réglée : La promotion de son livre en édition de poche avec une introduction de Dominique Vidal du Monde diplomatique organisée par l’AFPS … Israël en a décidé autrement …