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aux lendemains de la mort de Naël, retrouvons les valeurs qui donnent un sens à nos vies

Je suis fatiguée de tous ces mots déversés sur les ondes… J’étais élue d’astreinte la première nuit d’émeute en 2005 sur Évry et je peux vous dire droit dans les yeux que ce qui se passe aujourd’hui est sans commune mesure avec les évènements d’hier… Nombreux sont ceux et celles qui se sont exprimés “justement” sur ce registre et après l’émotion viendra le temps de l’analyse et aussi face à des propos démago, faussement bienveillants ou sectaires, l’exigence de rendre des comptes.
Mais déjà aujourd’hui, peut on décemment dire que les émeutes urbaines que nous vivons sont explicables, compréhensibles, excusables et bla bla bla… Avec un défilé de propos en forme d’excuses qui relèvent plus du “café du commerce” que d’analyses sincères, et recueillies par des micros tendus aux politiques, aux jeunes aux parents aux vieux , aux gentils comme aux méchants de certains poils ou de tous poils… pour démultiplier et faire le beuz ou de l’audience. Doit on diffuser ces preuves de destructions qui sont autant d’appels à la haine, mettre sur les réseaux sociaux les dégâts causés qui invitent à la surenchère et tous ces gestes et propos d’envie de destruction et témoignages de mal être réel ou supposé, Cela pour justifier la casse du Bien commun, la destruction de ceux de son voisin ou du commerce de proximité dévalisé. Peu relayent que de tels agissements conduiront à appauvrir ou stigmatiser encore plus un quartier, une ville, avec une fermeture de commerce ou de structure d’accueil ce qui génèrera des pertes d’emploi et des dépenses abyssales et renforcera la haine cultivée par l’extrême droite aujourd’hui aux portes du pouvoir…
Aussi, ne sombrons pas dans une démagogie de bas étage, c’est nous renvoyer à de sombres périodes … C’est avoir parfois des petits pois dans le cerveau que d’outre-passer ainsi sa colère par tant d’actes irréfléchis. C’est inacceptable et il est grand temps de donner et partager le meilleur de nous mêmes pour avancer et sortir de ces engrenages mortifères.
Oui, ce qui s’est passé avec la mort de Naël est intolérable et doit nous interpeller sur le fonctionnement des policiers en cause et sur les raisons de tels comportements … Même des pas d’esquives sur ce sujet ne pourront expliquer ou justifier de tels comportements… Et il faudra en prendre de la graine et agir sur le fond. Et aussi comprendre et travailler sur les peurs et l’effroi que cette police génère chez des jeunes ou moins jeunes en mal de repères et mal de vivre tout court.
Il nous faudra revenir encore revenir et retravailler, tant que nous sommes “vivants” sur le fond de cette société que nous produisons ensemble… Pourtant quel travail fait sur Évry depuis 1974 que j’y vis, quel boulot dans le secteur de la petite enfance et pour les jeunes, quel travail dans les crèches, les écoles, les maisons de quartier les centres sociaux… Avec aussi les bailleurs sociaux, les centres de loisirs, les MJC, les structures sportives et artistiques,l’engagement de nombreux aidants bénévoles ou de salariés en soutien, qui tous et toutes très engagés, accompagnent les familles en difficultés de tous milieux et toutes origines, sans discrimination… aux familles en difficultés de tous milieux et origines… Oui tout n’a pas été parfait … il y a eu des difficultés , des failles, les crises économiques … Oui mais dans tout cela quel boulot et que de partages, de soutiens, d’aides et de bienveillance pour “faire société”, et dans tout cela ?
Que sont devenus ces beaux enfants de toutes origines que je retrouvais dans les Conseils de crèches auxquels employées municipales de tous grades ou Assistantes maternelles dévouées avec des parents attentifs donnaient le meilleur d’eux et d’elles mêmes pour les accompagner à grandir libre et respectueux de soi et des autres en confiance et sérénité ? Que sont devenus leurs parents, leurs copains, leurs copines avec lesquels ils et elles ont appris à marcher, à jouer et à sourire… Comment êtes vous devenus en grandissant les éléments d’un “trouple suiveur et suiviste” et plus vous même pour agir ainsi ? Je suis loin de tout comprendre mais j’ai quand même quelques clés car je ne suis plus un poussin d’un jour. Et,aujourd’hui,
C’est ce qui m’a fait verser des larmes en voyant les dégâts sur ma ville , après les tumultes de la nuit en allant à la Maison du Monde hier matin. Chers petits devenus grands, qu’est ce qui vous prend ???…
Mais rêvons un peu sagement, avec les mots … Il est toujours temps, qu’on ait 17 ans ou un peu plus ! et après remettons les pendules à l’heure pour travailler ensemble à une vie meilleure pour tous et toutes… Sur ce registre : “Ne lâchons rien”.
“On n’est pas sérieux, quand on a dix-sept ans.
– Un beau soir, foin des bocks et de la limonade,
Des cafés tapageurs aux lustres éclatants !
– On va sous les tilleuls verts de la promenade.
Les tilleuls sentent bon dans les bons soirs de juin !
L’air est parfois si doux, qu’on ferme la paupière ;
Le vent chargé de bruits – la ville n’est pas loin
A des parfums de vigne et des parfums de bière…
II
– Voilà qu’on aperçoit un tout petit chiffon
D’azur sombre, encadré d’une petite branche,
Piqué d’une mauvaise étoile, qui se fond<
Avec de doux frissons, petite et toute blanche…
Nuit de juin ! Dix-sept ans ! – On se laisse griser.
La sève est du champagne et vous monte à la tête…
On divague ; on se sent aux lèvres un baiser
Qui palpite là, comme une petite bête…
III
Le coeur fou robinsonne à travers les romans,
– Lorsque, dans la clarté d’un pâle réverbère,
Passe une demoiselle aux petits airs charmants,
Sous l’ombre du faux col effrayant de son père…
Et, comme elle vous trouve immensément naïf,
Elle se tourne, alerte et d’un mouvement vif…
– Sur vos lèvres alors meurent les cavatines…
IV
Vous êtes amoureux. Loué jusqu’au mois d’août.
Vous êtes amoureux. – Vos sonnets La font rire.
Tous vos amis s’en vont, vous êtes mauvais goût.
– Puis l’adorée, un soir, a daigné vous écrire !…
– Ce soir-là…, – vous rentrez aux cafés éclatants,
Vous demandez des bocks ou de la limonade…
– On n’est pas sérieux, quand on a dix-sept ans
Et qu’on a des tilleuls verts sur la promenade.”
Arthur Rimbaud, Poésies”

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